Quand un adolescent a des difficultés à l’école, on cherche souvent la cause du côté de la concentration, de la motivation, de l’organisation ou des méthodes de travail.
Mais on pense rarement à regarder… son écriture.
Pourtant, écrire reste une activité très présente au collège et au lycée. Prendre des notes, recopier une consigne, répondre à une question, rédiger un devoir, faire un contrôle… Et quand écrire demande trop d’efforts, cela peut vite devenir un vrai frein.
Des points précieux perdus sur la copie
Un adolescent peut très bien connaître son cours et avoir compris ce qu’on lui demande, mais ne pas réussir à le montrer correctement sur sa copie. Pourquoi ? Parce qu’il écrit trop lentement, parce qu’il se fatigue, parce qu’il n’arrive pas à suivre le rythme du professeur ou tout simplement parce qu’il n’a pas le temps de terminer. Et quelques minutes perdues à chaque exercice finissent par compter.
Il y a aussi la question de la lisibilité. Une copie difficile à relire n’aide évidemment pas l’enseignant à comprendre ce que l’élève a voulu dire. Parfois, certaines erreurs ou certains mots mal écrits sont simplement liés à une écriture trop rapide ou mal maîtrisée. Ce sont des petits détails, en apparence. Mais mis bout à bout, ils peuvent représenter des points perdus alors que les connaissances, elles, sont bien là.
Le piège invisible : l’impact sur la confiance en soi
Le plus embêtant, finalement, n’est peut-être pas la note. C’est ce que l’adolescent finit par penser de lui-même. Quand il voit les autres terminer avant lui, quand son professeur lui demande régulièrement de ralentir ou de faire attention à son écriture, quand il rend encore une fois un devoir inachevé… il peut finir par se dire qu’il est moins bon que les autres : « Je suis nul en français. », « Je suis trop lent. », « Je n’arrive jamais à finir. »… Alors que le problème n’est pas forcément là où il le pense.
Une écriture qui manque de fluidité peut demander beaucoup d’attention et d’énergie. L’adolescent doit penser à la forme des lettres, à la tenue du stylo, à la vitesse… alors qu’il devrait pouvoir se concentrer sur ce qu’il est en train d’écrire. Et à force, cela peut devenir décourageant.
La bonne nouvelle : l’écriture n’est pas une fatalité !
Une mauvaise habitude d’écriture n’est pas forcément quelque chose avec lequel il faudra vivre toute sa scolarité. L’écriture peut évoluer. Elle peut devenir plus fluide, plus lisible et moins fatigante, y compris chez un adolescent C’est tout l’intérêt de la graphopédagogie : regarder concrètement ce qui pose problème dans le geste d’écriture et proposer un accompagnement adapté. Il ne s’agit pas de revenir aux lignes d’écriture de l’école primaire ni de chercher à obtenir une écriture « parfaite ».L’objectif est surtout que l’adolescent puisse écrire plus facilement, sans avoir à mobiliser toute son attention sur son geste. La conférence proposée par SOS Éducation[1] sur l’écriture manuscrite permet justement de mieux comprendre ces difficultés et les solutions qui peuvent être mises en place.
Préparer la rentrée du bon pied
La rentrée, c’est maintenant. C’est peut-être le bon moment pour observer simplement comment votre ado écrit. Est-ce qu’il est beaucoup plus lent que les autres ? Est-ce qu’il se plaint d’avoir mal à la main ? Est-ce que son écriture devient de moins en moins lisible lorsqu’il doit aller vite ? Est-ce qu’il a régulièrement du mal à terminer ses contrôles ? Ces signes ne veulent pas forcément dire qu’il y a un problème d’écriture. Mais ils méritent qu’on s’y intéresse. Parce que parfois, derrière un adolescent que l’on croit peu motivé, peu concentré ou simplement « pas scolaire », il y a surtout un geste d’écriture qui lui demande beaucoup trop d’efforts.
Et si, cette année, on commençait par regarder les choses autrement ?
[1]https://youtu.be/DcAmDVw6634?si=O2CCSP-FOoE84Pil








